nulle part

En cet instant précis, et dans ce car roulant sur l’autoroute, je ne me sens appartenir à nulle part. Je suis incapable de fixer mon esprit à un lieu défini. J’ai envie que la ville que je viens de quitter me manque ; peut-être me manque-t-elle vraiment, au fond, mais je suis devenue si accoutumée aux adieux et à la séparation pour laisser la mélancolie s’emparer de moi de nouveau. Au fait, je n’ai aucune nostalgie ni aucun désir pour un endroit spécifique. Plutôt qu’un vide, il s’agit d’un sentiment d’entre-deux qui, malgré sa nature indéterminée, se concrétise. Plutôt que la tristesse, il s’agit simplement de la pesanteur – une pesanteur du rien, et dans le rien il y a tout ce qui résiste au moulage de la langue, qui existe au seuil de la vie, en quête d’une forme jamais à être trouvée, comme une destination jamais atteinte.

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